Acheter la beauté

Si on a les moyens de s’offrir les services d’un excellent chirurgien, on peut effectivement acheter la beauté. A première vue cet article semble en contradiction avec « la beauté ne se fabrique pas dans les blocs opératoires » mais ils ne traite pas la beauté sous le même angle et les deux peuvent se comprendre.
La beauté est devenue une valeur marchande
Première injustice
La beauté est devenue injustement une valeur marchande, car la chirurgie esthétique bien faite peut apporter une beauté parfaitement naturelle, spécialement en matière de rhinoplastie, qui transforme un visage. C’est une injustice car la beauté est un bienfait rare. Aujourd’hui, face à des individus d’une grande beauté, on s’interroge presque automatiquement sur son authenticité. Des femmes belles naturellement se retrouvent alors « à égalité » avec d’autres qui se sont offert cette beauté grâce à leur argent.
Deuxième injustice
La deuxième injustice est l’incapacité, pour des individus défavorisés physiquement, d’accéder à cette beauté, faute de moyens financiers. Pouvoir opérer et embellir toutes les parties du corps est un élément extrêmement rassurant, notamment pour qui souffre de disgrâces profondes, mais encore faut-il avoir les moyens d’y recourir. À l’inverse, user de ces techniques pour rechercher la beauté pure grâce à son pouvoir d’achat, favorise encore un peu plus les gens riches, dans un domaine où l’égalité était la règle pour tous, il n’y a pas si longtemps. La chirurgie esthétique, en rendant accessible à tous ceux qui peuvent se la payer, une certaine beauté, dévalorise finalement, d’une manière générale, cette notion de beauté. C’est bien un paradoxe mais aussi une évidence. La beauté devient, en quelque sorte, soumise comme le reste, aux lois de l’offre et de la demande. Plus on en produira, et moins elle aura de la valeur.