Medecine esthétique: petites manipulations

Medecine esthétique: petites manipulations

À côté de la chirurgie proprement dite, une batterie de techniques non chirurgicales a vu le jour pour traiter des disgrâces esthétiques moins lourdes, comme les rides ou l’affaissement débutant du visage. Elles sont réalisées majoritairement par des médecins, d’où cette appellation globale de médecine esthétique.

La médecine esthétique est particulièrement connue pour le traitement des rides. Le médecin infiltre sous la ride différents produits pour la faire remonter et ainsi l’estomper. Ces substances, de plus en plus nombreuses, sont pour la plupart résorbables. Elles disparaissent au bout de quelques semaines, voire quelques mois. Certains produits sont permanents et ne se dégradent pas avec le temps. On parle aussi de volumateurs capables, par des injections plus conséquentes, de redonner du volume aux joues, aux pommettes, au menton ou aux lèvres.

L’utilisation de la toxine botulique remonte à plusieurs décennies pour le traitement des contractures musculaires du cou ou de la face. Cette toxine paralyse le muscle, induit son relâchement et, par là, le déplissement de la peau qui y adhère. Par cette action, les rides s’estompent temporairement. L’effet dure quelques mois, mais le muscle atteint ne bouge plus tant que le produit demeure actif.

Les injections de graisse prélevée sur le patient viennent elles aussi combler un manque en se servant de ses propres tissus. Intellectuellement séduisante, cette technique reste cependant très discutable : environ 70 % de la graisse injectée se résorbe, et les 30 % restants peuvent se transformer en nodules responsables d’irrégularités visibles.

Les procédés de lissage par laser, lumière pulsée, radiofréquence ou peelings chimiques détruisent la couche superficielle de l’épiderme et enlèvent les rides qui s’y trouvent. Des fils suspenseurs sont également glissés sous la peau pour remailler (fils d’or) ou remettre en tension (fils crantés) les tissus. Enfin, très régulièrement, des appareils dits « miracles » sont censés faire fondre les graisses.

Chaque technique a ses avantages et surtout ses inconvénients. Toutes sont capables de rendre service dans des indications très précises, mais toutes deviennent illusoires ou risquées si elles sont mal employées. Pour approfondir ces enjeux, il convient d’analyser les risques liés à la compétence du praticien.

Docteur Pierre Nahon

Médecine esthétique : une pratique commerciale bien pensée

La cible marketing pour ces produits est beaucoup plus large et la stratégie mieux pensée qu’en chirurgie esthétique. Elle s’inspire directement de celle des cosmétiques. Certes, ces actes médicaux s’avèrent plus efficaces qu’une simple crème, mais leurs résultats restent très limités dans le temps.

L’ensemble de ce marché est psychologiquement ingénieux. Rapides et réalisées au cabinet médical, souvent sans anesthésie et sans véritables suites opératoires, ces interventions procurent un résultat immédiat parfois spectaculaire, déclenchant une satisfaction intense. L’effet doit durer le temps nécessaire pour que le patient « digère » sa dépense financière.

La satisfaction ressentie masque souvent les effets secondaires négatifs et reste en mémoire comme une expérience positive. Elle enclenche alors la demande de renouvellement récurrent, au grand bénéfice des laboratoires et des praticiens. Face à ces sollicitations, le respect de la déontologie et du secret médical en chirurgie esthétique doit rester la priorité absolue.

By Docteur Pierre NAHON

Le Docteur Pierre NAHON est chirurgien depuis 45 ans. A travers des livres et sur estheticwatch il expose un regard à part sur l'esthétique.

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